Ah le retour au travail et la rupture qui arrive, après quelques semaines de congés bien mérités ! Oui, la reprise après les vacances est souvent synonyme de boîte mail saturée, de sommeil à réguler ou encore de motivation à retrouver.
Avec ces mails et les réunions reviennent les postures, gestes répétitifs, manutention, etc. Bref, la reprise du travail après les vacances concerne aussi une chose dont on parle moins : le retour des contraintes professionnelles. Et ces contraintes incitent à s’y réexposer progressivement, alors même que la rentrée ressemble plutôt à un sprint.
Une reprise réussie nécessite de retrouver son rythme de travail, à commencer par le rythme mental, mais aussi de remettre en route les contraintes physiques. Alors, comment éviter que la rentrée n’amène avec elle des douleurs et les TMS ? Et surtout qu’est-ce que l’entreprise peut faire en prévention pour éviter que cette reprise ne ressemble à un amas de contraintes physiques à digérer ?
Voyons comment aborder ces exigences de rentrée et la pression temporelle qui va avec.
L’essentiel à retenir
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La reprise du travail fait revenir les contraintes professionnelles : postures prolongées, gestes répétitifs, manutentions, déplacements ou cadences.
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Le rush de rentrée peut accentuer ces contraintes, notamment lorsque les urgences s’accumulent et que les temps de pause ou de récupération diminuent.
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Une reprise progressive ne signifie pas travailler au ralenti : il s’agit surtout de hiérarchiser les priorités et de répartir la charge de travail.
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L’entreprise peut agir sur l’organisation en maintenant les pauses, en variant les tâches, en adaptant les temps de récupération et en anticipant les périodes de surcharge.
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La rentrée est aussi une occasion d’observer le travail réel et de repérer les difficultés signalées par les équipes avant que les douleurs ne s’installent.
Après les vacances, le corps doit retrouver son rythme
Les vacances changent les habitudes de la journée
Pendant les vacances, les contraintes professionnelles disparaissent ou changent. Dès la rentrée, elles refont surface en quelques heures seulement.
On passe d’horaires différents, de déplacements, d’activités variées, de temps libre à un retour aux habitudes de travail.
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En vacances |
À la reprise au travail |
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Horaires flexibles |
Horaires fixes et cadencés |
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Déplacements plus nombreux ou variés |
Moins de déplacement |
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Davantage de temps libre |
Peu de temps libre |
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Plus de mouvement ou de repos |
Moins de mouvement et de repos |
En somme, on constate une vraie modification de rythme entre celui des vacances et le rythme au travail. Et ça n’est pas sans conséquence.
Retour au travail : retour des contraintes professionnelles
Si les vacances sont signe de rupture avec les contraintes, la reprise du travail, elle, s’accompagne d’un retour simultané de plusieurs d’entre elles.
Quelques-unes nous viennent à l’esprit selon les situations professionnelles :
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Salariés de bureau = retour assis devant l’écran, pendant plusieurs heures ;
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Préparateurs et logistique = les manutentions et les déplacements d’objets lourds ;
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En production = des gestes répétitifs à gogo ;
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Dans le commerce = une station debout prolongée et statique ;
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Soignants = des retrouvailles avec les transferts et manutentions ;
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En télétravail = retour brutal à un poste moins bien adapté, surtout si vous travaillez dans votre salon ou salle à manger.
Le problème n’est pas que les vacances fragilisent le corps, mais que la rentrée peut être brutale. On retrouve d’un coup tout son contexte de travail qui peut devenir source de TMS.
La rentrée des contraintes physiques au premier plan
On parle beaucoup du rush de rentrée sous l’angle de la charge mentale, des mails, des réunions et des priorités. Vous savez, la fameuse journée de transition, avec moins de réunions et un tri progressif des tâches, qu’on recommande souvent.
Par contre, on parle moins du rush sous l’angle du corps. Et pourtant, savez-vous ce qu’il lui fait subir ?
Une journée complète assise
Les métiers de bureau sont très exposés à cette contrainte de posture assise prolongée. Vendredi, vous étiez en train de marcher du logement à la plage, puis de la plage au logement, avant de partir visiter le village du coin. Lundi, vous restez 7 heures assis, parce que quand même, vous serez passé dire bonjour aux collègues dans leurs bureaux.
Votre corps, lui, retrouve d’un coup les yeux devant l’écran, les périodes assises prolongées, peut-être même l’enchaînement de réunions. Pour les plus téméraires, ou les plus en retard, cette reprise du travail après les vacances s’accompagne parfois d’une diminution des pauses, parce qu’il faut « rattraper ».
Alors, loin de nous l’idée de dire que la position assise est mauvaise. Rappelez-vous, la bonne posture n’existe pas. L’idée, c’est plutôt de dire que la posture assise combinée à l’exposition répétée et l’organisation de l’activité, ça fait beaucoup d’un coup.
Des gestes répétitifs et un rythme intensif
Oui, la rentrée au travail est aussi possiblement celle des contraintes de durée, de répétition, d’absence de variation et de même cadence.
On pense aux métiers de production, de préparation, de commandes ou de nettoyage, par exemple. Tout comme les personnels administratifs ou les personnes en caisse, cette reprise amène une quantité de gestes répétés et postures prolongées, dont les risques sur le corps sont réels.
Sans compter le changement de rythme qui diminue drastiquement le temps de récupération. Adieu le programme varié des vacances et bienvenue aux tâches moins variées, mais toujours aussi intenses à effectuer.
Des manutentions et déplacements qui reprennent fort
Au-delà du bureau, on pense aussi aux secteurs de la logistique avec ses cartons, ses stocks et ses approvisionnements à gérer. Entre manutention et ports de charge, une reprise brutale constitue un vrai risque de stress mécanique mal géré et de douleurs musculo-squelettiques à la clé.
Certains professionnels se remettent, non pas en selle, mais au volant et gare au mal de dos en voiture lors des gros déplacements professionnels.
En soi, tous ces gestes inhabituels en vacances et retrouvés à la rentrée sont autant de contraintes infligées au corps.
Les pauses passées à la trappe
Souvent, lorsque les urgences arrivent, les pauses passent à la trappe ou sont raccourcies. Vous voyez le cercle vicieux s’enclencher ? La charge de travail est supérieure et entraîne un plus grand rythme de travail, associé à moins de récupération, parce que non, les journées ne s’allongent pas. Au final, l’exposition aux contraintes se décuple et le corps encaisse.
Le problème, c’est que l’association entre des exigences professionnelles élevées, des tensions au travail, un déséquilibre entre l’effort fourni et la récompense obtenue, ainsi qu’un faible soutien social, augmente significativement le risque de troubles musculo-squelettiques(1).
Ces TMS ne se produisent pas seulement quand il y a des contraintes biomécaniques. L’organisation et les exigences liées au travail sont aussi un facteur de risque.
Une reprise progressive grâce à l’entreprise
L’entreprise a un grand rôle à jouer dans la prévention des TMS et, de manière plus globale, dans la qualité de vie au travail. Pour satisfaire ses obligations réglementaires et préparer sa reprise progressive des équipes, elle dispose de 4 leviers d’action possibles.
Pas toutes les urgences les premiers jours
L’erreur première, c’est de vouloir concentrer les urgences dès les premiers jours, pour les évacuer le plus vite possible. Ce cumul de priorités est peu propice à la progressivité.
Ce qui effraie dans l’idée d’une reprise progressive, c’est de percevoir cette semaine comme ralentie. Or, il faut plutôt le voir comme une gestion cohérente des priorités et une organisation qui évite la multiplicité des contraintes.
Alors, ralentissez les réunions de rentrée et laissez le temps aux équipes de trier leur boîte mail. Deux jours de transition suffisent à reprendre un rythme.

Sacraliser des temps de pause et de récupération
La récupération doit être perçue ici comme pleinement intégrée au travail. Elle va plus loin qu’une simple pause café ponctuelle. Cette intégration se fait par :
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des pauses qu’on aime actives à La Minute Pep’s ;
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une alternance des tâches pour varier les plaisirs ;
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un changement dans les postures de travail ;
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une recherche de variation dans les sollicitations ;
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des temps prévus entre certaines activités ;
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le maintien des pauses en période de rush.
On insiste, mais on reste convaincus que la pause n’est pas un temps perdu. Stress et fatigue ne permettent pas de maintenir l’activité dans de bonnes conditions. La pause, elle, offre une récupération nécessaire au corps.
Alors, avis aux managers ou dirigeants : pensez à vos propres pauses comme un bon exemple à suivre pour vos salariés.
La reprise progressive des contraintes
Cette rentrée des contraintes physiques se fait aussi petit à petit et selon l’activité professionnelle, elle prendra des formes différentes.
On pense par exemple à la rotation des tâches, quand bien sûr c’est possible. Si certaines sont plus contraignantes que d’autres, on évitera de remettre tout de suite toute l’équipe dessus.
On peut aussi revoir l’organisation des postes en conséquence ou adapter les temps de récupération. Pourquoi ne pas vérifier les conditions matérielles du poste au moment de la reprise du travail ?
Tout ce qui peut permettre d’anticiper les périodes de surcharge est le bienvenu ici. Attention toutefois de ne pas chercher une solution universelle aux TMS. Tout part d’abord d’une analyse de la situation de travail, étape indispensable de toute démarche de prévention des TMS en entreprise.
Détecter les signaux faibles parmi les équipes
En parlant de reprise au travail, on a lu une étude qui fait le lien entre le retour des arrêts de travail et certains facteurs de TMS à appréhender(2), dont font partie, entre autres :
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l’aménagement des postes ;
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les attentes liées au retour ;
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les exigences professionnelles ;
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les tensions au travail ;
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la capacité de travail.
Là, on est bien dans un cas de reprise après arrêt de travail et non dans une reprise après les congés. Pour autant, on peut s’inspirer de ces facteurs pour appréhender au mieux la période de rentrée et détecter les signaux faibles.
Chaque manager peut prendre le temps d’observer des choses très concrètes, comme des douleurs signalées, une fatigue inhabituelle, une gêne sur certains gestes. Il peut aussi s’agir de difficultés à tenir la cadence ou des signaux plus indirects comme des demandes plus fréquentes de changement de poste.
L’outil efficace reste le dialogue avec les équipes et l’écoute active, qui permet aussi d’entendre d’éventuelles plaintes récurrentes sur un équipement ou une tâche, autre signal significatif.
Retenez surtout de ne pas attendre qu’une douleur musculo-squelettique s’impose et se transforme en arrêt de travail. S’intéresser à la situation dès la rentrée est la meilleure façon de limiter les TMS à la reprise post-vacances.
Et si la rentrée devenait un point de départ pour la prévention ?
La rentrée professionnelle est le moment idéal d’instaurer une démarche de prévention efficace et durable.
Profiter du retour des équipes
Au retour des équipes, c’est le bon moment pour observer les postes et pour nouer un dialogue avec les professionnels.
Certaines questions se prêtent bien à la reprise comme de savoir quelles contraintes reprennent dès la reprise pour les salariés ? Où ressentent-ils des difficultés ? Est-ce que certaines activités ont changé pendant la période estivale ? Les équipements ou postes sont-ils toujours adaptés ?
En fait, l’idée est de chercher si les contraintes sont les mêmes pour tous et comment elles évoluent.
La rentrée va plus loin qu’un bref rappel des bons gestes. C’est le moment idéal pour observer avec précision le travail réel des agents.
Prévenir les TMS avec pédagogie
En parlant des bons gestes et postures à éviter, on veut dire que par prévenir les TMS, on entend autre chose qu’apprendre à mieux se tenir.
La prévention des TMS au travail inclut un panel d’indicateurs à considérer. C’est pour ça qu’on rappelle que les facteurs de risques sont nombreux. L’organisation et la cadence de travail comptent autant que la répétitivité des gestes ou que la possibilité de récupérer, vraiment.
La recherche scientifique va dans le même sens et explique par exemple que les facteurs psychosociaux du travail (les exigences, le contrôle, le soutien et la collaboration) sont associés au risque et à la progression des TMS(2).
Reprise du travail après les vacances : le test
Un bon moyen de tester sa démarche de prévention est justement de la mettre à l’épreuve de la reprise du travail après les vacances.
Si la fatigue est accrue, et que les douleurs réapparaissent dans vos équipes à chaque rentrée, ça n’est peut-être pas la reprise qui pose souci, mais les conditions dans lesquelles elle est organisée.
Faites le test et contactez La Minute Pep’s pour trouver des solutions préventives adaptées.
Conclusion
On peut éviter de faire du retour au travail après les vacances une course de rentrée. S’organiser pour esquiver le rush de la reprise, c’est une grosse charge mentale et physique évacuée. Et un risque de TMS en moins !
La bonne reprise après les congés serait celle qui remet de manière progressive les contraintes en route. On entend là un rythme qui augmente petit à petit, des temps de récupération plus longs les premiers temps et des contraintes physiques ou organisationnelles du travail adaptées.
Si les urgences et les cadences trop soutenues prennent toute la place, la prévention des TMS risque de passer au second plan. Pourtant, cette période de rentrée professionnelle, synonyme de nouveau cycle, est l’occasion parfaite pour observer les situations de travail réelles et entamer les démarches d’une prévention durable.
Cette prévention des TMS ne consiste pas à attendre l’apparition des douleurs. Elle demande de regarder ce qui, dans l’organisation du travail, mérite d’être ajusté. Et rappelez-vous « Si vous écoutez votre corps lorsqu’il vous chuchote, vous n’aurez plus à l’entendre crier » (proverbe tibétain).
Sources


Anne-Hélène GOUALOU
Conceptrice de La Minute PEP'S et de son réseau de kinésithérapeutes, j'ai à cœur de vous partager notre vision de la prévention des Troubles Musculo-Squelettiques.