Les entreprises investissent en ergonomie ou en formation, mais les troubles musculo-squelettiques (TMS) persistent et augmentent. Ils sont même sur le podium des maladies professionnelles en France et continuent de gagner du terrain.
Et si la solution tenait dans le management ? Quand on sait que les conditions de travail sont la première cause des TMS¹, l’hypothèse a du sens. Voyons comment le manager devient un acteur indispensable dans la qualité de vie au travail ? Et comment il peut jouer un rôle dans la démarche de prévention des TMS en entreprise.
Ça tombe bien, c’est le thème de la semaine de la Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT) 2026 : « Manager, c’est tout un travail ! ».
Le management, un facteur de TMS qui passe inaperçu
Système musculaire, articulations, tendons et nerfs, les TMS sont des douleurs musculosquelettiques qui débutent, s’aggravent ou durent plus longtemps sous l’effet du travail. Voici un petit état des lieux des facteurs de risques des TMS.
Quels sont les facteurs de risque des TMS ?
On va distinguer trois grandes familles de facteurs à l’origine des TMS :
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les facteurs physiques
On y trouve les gestes répétitifs et postures statiques, mais aussi les efforts excessifs à l’origine d’un déséquilibre entre les capacités du corps et les contraintes d’exposition. On y inclut les positions articulaires extrêmes, les ports de charges lourdes… tout ce qui augmente le stress mécanique sur le poste de travail.
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les facteurs psychosociaux
Parmi les causes des TMS, on a notamment le stress et la pression temporelle, la monotonie de l’emploi, le manque d’autonomie ou de soutien. Le sens au travail a aussi toute sa place ici. Saviez-vous que 4 travailleurs sur 10 pensent à changer de travail pour un emploi qui a plus de sens ? ²
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les facteurs individuels
Ces derniers sont indépendants des conditions de travail et propres à chaque travailleur. L’âge entre en jeu dans l’apparition des TMS et d’autant plus que la population salariée est vieillissante. On a aussi les pathologies physiques individuelles, telles que le diabète, le surpoids, les rhumatismes. Les fragilités psychologiques propres à certaines périodes de changement, comme la ménopause, font aussi partie des facteurs de risques des TMS.
3 comportements managériaux propices aux TMS
Au regard de ces facteurs de risque, on comprend que les comportements du manager influent sur les TMS. En effet, le manager conditionne la manière dont le travail est exécuté. Ces conditions réelles de travail fixent les contraintes physiques auxquelles seront soumis les salariés.
Les 3 comportements managériaux pouvant aggraver les TMS sans le savoir sont de :
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mettre sous pression temporelle en continu les équipes.
Ici on y intègre l’imprévisibilité des demandes ou les changements de priorités en dernière minute. Tout ce qui relève des urgences permanentes, des délais utopiques ou des priorités changeantes contribuent à exacerber cette pression.
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multiplier les sollicitations sans réguler.
On parle des interruptions constantes, des messages à toute heure, des dispersions inutiles… Tout ce qui va provoquer une sur-sollicitation propice aux risques psychosociaux.
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réduire les marges de manœuvre.
Le manque d’autonomie entraîne un contrôle excessif et diminue la participation active du travailleur. Ce type de management, selon le secteur d’activité, peut représenter un facteur important de TMS.
Heureusement, si le manager influence l’apparition des TMS, il peut aussi devenir la personne qui favorise leur prévention.
Le rôle du manager dans la prévention
Prévenir les TMS au travail
Ils sont souvent associés à l’usure physique ou à certains métiers comme ceux du bâtiment. Pourtant, les troubles musculo-squelettiques concernent tous les âges et tous les métiers. Ils peuvent même apparaître dès le début de la vie professionnelle.
Leur augmentation constante depuis 2003 (source Ameli) et leur impact, sur la santé des salariés comme sur la performance des entreprises, demandent à les placer au cœur de la démarche de prévention.
De même, la sensibilisation doit aller plus loin que des réponses simplistes, comme le repos ou la correction des gestes. S’attaquer aux TMS de façon durable impose d’agir sur les situations de travail dans leur globalité, notamment pour éviter les erreurs courantes avec la prévention.
Ce que le manager peut changer
Concernant les conséquences managériales, voici quelques leviers d’action pour identifier les situations à risque et ajuster les pratiques. Ils concernent avant tout les facteurs organisationnels et relationnels au travail :
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dans l’organisation du travail
Il s’agit de considérer le travail réel au même titre que la performance. Il est alors important de clarifier les tâches et les rôles de chacun pour définir des priorités partagées. De même, pour préserver la concentration des agents, le manager intervient pour réguler les demandes entrantes et les répartir en cohérence avec la gestion des priorités.
Exit les TU et TTU pour « très urgent » et « très, très urgent » !
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dans les marges de manœuvre
L’ajustement de l’activité professionnelle, par les collaborateurs eux-mêmes, est une façon d’agir concrètement sur les TMS. On évite alors la rigidité dans l’organisation des tâches et les horaires de pauses stricts.
L’implication des équipes dans leurs choix organisationnels est un levier d’action, au même titre que d’encourager les initiatives comme les pauses actives.
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dans le pilotage de l’activité
Si la manière de piloter l’activité pose problème, on essayera d’ajouter de la clarté. Dans les objectifs fixés comme dans les consignes transmises, une posture managériale claire est propice au bien-être au travail.
| Thème | Points de vigilance | Actions |
| Organisation du travail |
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| Autonomie |
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| Pilotage |
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| Reconnaissance |
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| Relations de travail |
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| Sens |
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| Conduite du changement |
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La prévention des TMS, ça n’est pas que l’ajustement ergonomique des postes ou des bonnes résolutions annuelles épisodiques. Les pratiques managériales agissent sur les risques psychosociaux, au croisement de l’organisation, des relations de travail et du sens donné à l’activité.
Cette prévention des risques psychosociaux entre pleinement dans la Qualité de Vie et des Conditions au Travail (QVCT). C’est même l’un des enjeux majeurs des politiques de bien-être au travail.
Voilà de quoi éviter d’ « en avoir plein le dos », au sens propre comme au figuré.
Semaine de la QVCT 2026 : améliorer la qualité de vie au travail
Une ambiance dégradée au bureau, des plaintes et conflits restés sous silence, l’absence de soutien hiérarchique sont autant de risques que prend l’employeur au détriment de la sécurité de ses collaborateurs.
Alors, comment améliorer la qualité de vie au travail par l’intermédiaire du management ? Pour agir sur des prises de décisions réduisant l’apparition et le développement des troubles musculo-squelettiques, le thème de la QVCT en 2026, c’est justement « Manager, c’est tout un travail ! ».
Du 15 au 19 juin 2026 fleuriront autant d’opportunités concrètes d’aborder les conditions de travail et d’ouvrir le dialogue avec les équipes sur le sujet. De quoi lancer une démarche concrète pour agir contre les TMS ? À ce titre, l’ANACT vous propose, dans son référentiel sur la QVCT, une petite auto-évaluation rapide dont voici un extrait parlant :
Quels outils pour agir sur les TMS en entreprise ?
Pour passer à l’action, vous pouvez vous appuyer sur une prévention des TMS personnalisée et durable.
La Minute PEP’S propose d’intervenir en ce sens, de façon concrète, utile et adaptée auprès de vos équipes. L’enjeu dépasse la sensibilisation et vise la transformation par une approche pratique. Avec un accompagnement assuré par un réseau de kinésithérapeutes experts, chaque collaborateur bénéficie d’une intervention individualisée pour comprendre son corps et agir au quotidien.
Découvrez nos différents formats d’intervention : formations collectives, ateliers QVCT, parcours de prévention personnalisé et accompagnement des équipes managériales.
Notre objectif ? Rendre vos salariés acteurs de leur santé et outiller vos managers pour intégrer la compétence de prévention dans l’organisation du travail. Ce service sur-mesure est centré sur vos situations réelles, ce qui donne des résultats concrets et renforce l’engagement des équipes.
Conclusion
Les troubles musculo-squelettiques sont encore en croissance dans le milieu professionnel, malgré de nombreuses démarches et messages de prévention. Ils représentent un coût pour les usagers, comme pour les entreprises. Il n’y a pas de métiers plus à risque que d’autres. Aujourd’hui, chaque français est concerné par ces troubles musculosquelettiques, peu importe son âge et son niveau d’activité.
Parfois sous-exploitée, la dimension managériale reste un levier de changement non négligeable. Le manager intervient sur la charge de travail et donc sur les TMS en lien directement avec celle-ci.
Charges de travail, délais, organisation des tâches, gestion des priorités sont autant de conditions sur lesquelles le manager peut agir en faveur d’une prévention durable. On peut noter que c’est d’ailleurs le thème de la semaine 2026 de la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT). Cela montre l’importance de prendre en considération tous les échelons de l’entreprise pour envisager l’atteinte d’une diminution de l’impact du travail sur la santé des salariés.
Et rappelez-vous « Si vous écoutez votre corps lorsqu’il vous chuchote, vous n’aurez plus à l’entendre crier » (proverbe tibétain).
Sources
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Anne-Hélène GOUALOU
Conceptrice de La Minute PEP'S et de son réseau de kinésithérapeutes, j'ai à cœur de vous partager notre vision de la prévention des Troubles Musculo-Squelettiques.