Les dangers de l’inactivité physique au travail pour les entreprises

95 % des adultes en France ne bougent pas assez pour leur santé. (Source INRS) Et les entreprises pourraient en payer le prix fort.

 

Chaque jour, des millions de personnes passent plus de 7 heures assises, cumulant sédentarité et inactivité physique. Ce combo est la porte ouverte aux cancers, diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, dépression, etc. Les études montrent qu’un mode de vie sédentaire augmente de 20 à 30 % la mortalité prématurée. Et l’inactivité physique multiplie les risques d’obésité et de TMS.

 

Pourtant, 30 minutes d’activité modérée par jour (marche, vélo, renforcement musculaire) suffisent à renverser la situation. Le problème, c’est qu’en France, seuls 5 % des adultes atteignent le seuil d’activité recommandé par l’ANSES. Et pour l’atteindre, les entreprises entrent en jeu. Pour elles, l’objectif est double : elles visent la santé des équipes et la performance économique. D’abord, parce que des collaborateurs actifs sont moins absents et moins exposés aux maladies chroniques. Ensuite, parce que chaque euro investi dans la prévention génère des économies.

 

On peut donc considérer la stratégie QVCT comme un levier de croissance. Voyons les dangers de l’inactivité physique au travail, puis comment la prévenir et en faire un atout de l’entreprise.

 

 

 

 

Quels sont les risques de l’inactivité physique au travail ?

 

Quelle est la définition de l’inactivité physique?

 

L’inactivité physique s’entend dès lors qu’on ne respecte pas les recommandations en matière d’activité physique. Depuis 2016, l’ANSES préconise le cumul de :

 

  • 30 minutes d’activité cardio-respiratoire modérée 5 fois par semaine. Il peut s’agir de monter des escaliers, comme passer l’aspirateur ou faire du vélo. L’activité physique n’est pas nécessairement un sport.

  • 1 à 2 séances de renforcement musculaire par semaine, par l’intermédiaire d’activités comme la musculation, le fitness, la natation. Il peut aussi s’agir de porter des charges lourdes régulièrement dans le cadre d’une activité physique de loisirs par exemple.

  • 2 à 3 sessions d’étirement ou d’assouplissement chaque semaine. Yoga, stretching, danse ou simplement quelques étirements réguliers font l’affaire.

Or, seuls 5% des adultes ont un niveau d’activité physique jugé suffisant pour être protecteur. Donc 95% s’exposent aux dangers de l’inactivité physique. Voyons lesquels.

 

Le risque sanitaire : TMS, stress et maladies chroniques

 

Le premier danger de l’inactivité est le risque pour la santé.

 

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) rappelle que l’inactivité est un facteur de risque accru de mortalité en lien avec des maladies non transmissibles¹. Le risque de décès est supérieur de 20 % à 30 % en comparaison à des personnes actives.

 

Le groupe de recherches Sport et Activités Physiques du CNRS détaille ces risques sanitaires² :

 

  • le risque de mortalité au niveau cardiovasculaire est augmenté de 17% chez les personnes inactives ;

  • la survenue d’un diabète de type 2 augmente de 112% avec la baisse de sensibilité à l’insuline liée à l’inactivité ;

  • le risque d’obésité est multiplié par 2, avec toutes les conséquences que ça implique sur la santé (arthrose, hypertension artérielle, cholestérol…) ;

  • le risque de dépression est de 31 % pour les personnes inactives, plus susceptibles de développer également de l’anxiété ;

  • les cancers du sein, du côlon et de l’endomètre touchent aussi davantage les personnes les moins actives.

 

9 % des décès prématurés dans le monde sont en lien direct avec la sédentarité et l’inactivité physique. Cette dernière représente aussi l’un des facteurs de troubles musculo-squelettiques (TMS) caractérisés par des atteintes de l’appareil locomoteur en lien avec, en particulier, des postures prolongées et des gestes répétitifs au travail.

 

Le coût économique : absentéisme, turnover et perte de productivité

 

Dans le monde, l’inactivité physique va coûter près de 300 milliards USD (27 milliards USD par an) aux systèmes de santé publics entre 2020 et 2030, d’après l’OMS¹.

 

En France, les TMS désignent 87% des maladies professionnelles (Source Ameli). Et contrairement aux idées reçues, tous les secteurs sont concernés. Cela représente 11 millions de journées de travail perdues selon les données statistiques de l’INRS.

 

Les conséquences économiques de l’inactivité physique sont donc réelles pour les entreprises. Absentéisme, arrêts de travail, embauche ou réorganisation pour compenser, les coûts augmentent.

 

Le risque juridique ou les obligations légales

 

En plus du danger pour la santé physique et mentale des collaborateurs, en plus des conséquences économiques pour l’entreprise, on trouve aussi un risque juridique.

 

Le Code du Travail est très clair dans son article L. 4121-1. « L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. »

 

Parmi les mesures évoquées, on trouve les actions préventives, mais aussi l’obligation de mettre en place des moyens adaptés. Chaque employeur doit donc pouvoir prouver qu’il tient compte des situations de travail en entreprise et qu’il cherche à les améliorer.

 

Cela passe, en partie par l’élaboration du Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP). Les sanctions en cas de non-respect de la loi sur le sujet peuvent être financières.

 

Voilà pourquoi la lutte contre l’inactivité physique a toute sa place au travail.

 

 

Comment éviter l’inactivité physique au travail ?

 

 

Pour éviter les comportements sédentaires, l’idéal est de viser un double objectif :

 

  1. Diminuer le temps passé assis ou en posture prolongée ;

  2. Augmenter le niveau d’activité physique.

    C’est l’association des deux qui tend à améliorer durablement la qualité de vie au travail.

1. Aménager l’espace pour lutter contre l’inactivité physique

Investir dans un aménagement favorable au mouvement est un bon point de départ. Les bureaux assis-debout, les tapis de marche ou les équipements de type swiss ball peuvent créer un espace physique incitant à bouger.

 

Acoustique, lumière, mobilier, matériaux, il est possible de transformer un espace de travail pour en modifier les habitudes.

 

2. Programmer des pauses actives pour bouger au travail

 

Si vous allongez la distance pour vous rendre à la machine à café ou aux toilettes, vous êtes déjà dans une pause plus active au travail. Et c’est ce qu’on cherche !

 

L’ajout de 5 à 10 min de yoga, de marche ou d’étirements est un bon début. Pas besoin de voir grand pour commencer, on préfère la théorie des petits pas. Vous pourriez, par exemple, fixer de nouvelles règles du jeu : au début des visios, ajoutez 2 ou 3 séries de 10 mouvements adaptés faciles à exécuter. Vos collaborateurs, après un retour au corps, seront d’autant plus concentrés sur ce qui se dit ensuite.

 

Vous pourriez aussi innover et proposer des réunions en marchant, ou des créneaux de mails à pied. Oui, plutôt que d’envoyer un mail à votre collègue, marchez jusqu’à son bureau 😉

 

3. Adopter une culture du mouvement dans l’entreprise

 

On l’a vu dans notre article sur la culture du mouvement au travail avec le témoignage de Jesus Berecibar avec son ancienne société Pas-à-Pas. Il a mené une action d’envergure où la marche était au cœur du projet. Les effets sur la qualité de vie au travail et la productivité ont été remarquables. Comme quoi un mélange de team building en faveur de la santé et de mécénat peut bien fonctionner et rapporter à tous.

 

Le mouvement au travail tend à préserver la santé globale de chaque individu qui compose le système de l’entreprise. Et c’est un vrai levier de performance qui influe positivement sur la prévention des risques psychosociaux, la réduction du stress et bien sûr la prévention des TMS.

 

En manque d’idées ? Voici une affiche qui devrait vous aider :

 

 

Faire de l’inactivité physique un levier de performance collective

 

Bien-être et performance : un lien scientifique

 

Faire du sport au travail peut-il vraiment augmenter la performance de l’entreprise ? Il semble que oui.

 

Une étude de 2008 a cherché à déterminer si les gens étaient plus performants dans leur travail les jours où ils pratiquaient une activité physique³. Les chercheurs ont testé l’humeur et les performances de deux cents personnes pratiquant sur des installations mises à leur disposition sur le lieu de travail. L’étude ciblait des employés de bureau. Les résultats ont montré que l’humeur s’améliorait les jours d’exercice de manière significative après celui-ci. Les résultats en matière d’exigences mentales, de rendement et de temps étaient meilleurs également.

 

La science a donc prouvé que les personnes intégrant l’exercice à leur journée de travail avaient des retombées positives. L’activité physique donne de l’énergie, aide à améliorer la concentration, à se sentir calme et à résoudre des problèmes.

 

Le principal défi des collaborateurs interrogés était de combiner leur pratique à d’autres engagements, sans culpabilité d’être éloigné du bureau et sans jugement de leurs collègues de travail.

 

Voilà pourquoi le rôle de l’institution et de l’employeur est capital pour créer cette culture du mouvement et offrir des opportunités d’activité physique à leurs équipes. Installer des garages à vélos, rendre plus flexibles les horaires ou proposer des groupes de marche pendant le déjeuner ne demande pas beaucoup d’investissement. Et les retombées sont pourtant réelles.

 

L’exercice offre de nombreux bénéfices pour la santé mentale et physique. Il est donc temps d’intégrer des pauses actives dans les journées de travail pour qu’elles deviennent encore plus productives.

 

Quand le mouvement inspire la stratégie

 

Pratiquer une activité physique en entreprise n’est pas qu’une réponse aux risques de TMS. C’est l’occasion d’envisager une stratégie de prévention cohérente et durable.

L’idée est d’intégrer des pauses actives, des aménagements ergonomiques ou des ateliers de sensibilisation et de formation pour faire de cette contrainte un moyen de croissance collective.

 

Cette approche réunit les actions de prévention des TMS avec les valeurs RSE et les attentes des salariés, pour qui la QVCT est un besoin. La stratégie devient gagnante : plus d’activité, moins de TMS, plus d’engagement. Il y a de quoi renforcer sa marque employeur.

 

Voilà pourquoi on perçoit l’inactivité comme un coût pour l’entreprise et le mouvement comme un investissement pour sa performance.

 

Des outils pour mesurer l’impact

 

Comme toute démarche projet, après l’état des lieux et la co-création des actions vient l’évaluation dans l’optique de réajuster. L’efficacité d’une politique en faveur du mouvement implique plusieurs indicateurs à suivre comme :

  • le taux d’absentéisme et le taux de turnover, pour voir si leur baisse est corrélée à une amélioration de la santé et du bien-être des équipes ;

  • les enquêtes internes pour mesurer la satisfaction et l’engagement et ajuster les actions ;

  • le retour sur investissement (ROI) : contrairement aux idées reçues, et selon l’Anact, chaque euro investi dans la QVCT génère 2 à 5 € d’économies⁴. Entre la réduction des arrêts maladie et l’amélioration de la productivité, les bénéfices finissent par dépasser les coûts initiaux. Parce que l’absentéisme et le désengagement coûtent bien plus cher que des actions ciblées.

 

Conclusion

Lutter contre la sédentarité et l’inactivité physique est une nécessité pour les entreprises. Les niveaux d’activité physique recommandés sont de 30 minutes d’activité aérobie modérée (comme la marche rapide au-dessus de 4 km/h ou le vélo) 5 fois par semaine, complétées par du renforcement musculaire et des étirements. Ces taux d’activité restent aujourd’hui insuffisants pour 95 % des adultes français, selon l’INRS.

Pourtant, intégrer une pratique d’activité physique régulière dans la routine quotidienne, même à faible intensité, favorise la santé. Des études ont montré une baisse du risque de mortalité de 10 à 15 % même pour des volumes d’activités inférieurs aux seuils recommandés⁵. L’exercice physique contribue à diminuer les nombreux facteurs de risque de maladie cardiovasculaire, de démence et autres troubles de santé mentale, ou de prise de poids. Bouger améliore la condition physique et la dépense énergétique.

 

Pour les entreprises, la mise en œuvre de solutions adaptées (bureaux assis-debout, pauses actives, réunion en plein air…) concourt à la performance. Les études de Santé Publique France ou de l’Assurance Maladie montrent l’intérêt de chaque heure d’activité physique modérée. Les services RH ont alors leur rôle à jouer : celui de promouvoir une culture active au travail. Ça passe par le fait de partager des affiches, ou d’adapter les modes de vie sédentaire à des pratiques sportives accessibles à tous.

 

En franchissant le seuil recommandé d’activité physique et sportive, les collaborateurs gagnent en forme physique et en bien-être. De son côté, l’entreprise renforce sa marque employeur en soignant son accueil et l’environnement de travail qu’elle propose.

 

Passer d’un mode de vie sédentaire à une routine active va au-delà de la seule question de santé publique. C’est un investissement pour l’avenir. Si vous avez besoin d’aide, contactez-nous pour vous lancer : chaque pas compte. Le prochain, c’est de cliquer ici pour nous contacter :

 

Et rappelez-vous « Si vous écoutez votre corps lorsqu’il vous chuchote, vous n’aurez plus à l’entendre crier » (proverbe tibétain).

Sources

1L’activité Physique par OMS
2Les Risques de la Sédentarité et de l’Inactivité Physique sur la Santé par CNRS
3Exercising at work and self-reported work performance par International Journal of Workplace Health Management
4Calculating the international return on prevention for companies: Costs and benefits of investments in occupational safety and health par ISSA – Association Internationale de Sécurité Sociale
5Même en très faibles quantités, l’exercice a des effets positifs sur la santé par Dr Martin Juneau, Institut de Cardiologie de Montréal

 

 

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Anne-Hélène GOUALOU

Conceptrice de La Minute PEP'S et de son réseau de kinésithérapeutes, j'ai à cœur de vous partager notre vision de la prévention des Troubles Musculo-Squelettiques.

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