Comment éviter les TMS en entreprise : action individuelle ou collective ?

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1ère cause de morbidité en France, en Europe et dans le monde, les TMS gagnent du terrain dans le milieu professionnel. Douleurs au dos, aux épaules, aux poignets ou au cou, fatigue musculaire, perte de mobilité : les atteintes musculo-squelettiques impactent la qualité de vie au travail. La répercussion sur la performance des équipes et la sécurité au sein des organisations est directe.

 

Alors comment éviter les troubles musculo-squelettiques en entreprise ? Alors même que les situations de travail sont de plus en plus sédentaires, répétitives et sous tension ? S’il est tentant de laisser la responsabilité aux salariés sur leur état de santé, l’action individuelle, seule, est insuffisante. C’est le collectif, associé à l’action individuelle, qui rend la prévention des TMS pleinement efficace.

 

L’évaluation du risque professionnel est une première étape. Cette mesure donne à l’entreprise la hauteur de l’enjeu. Voici alors comment agir pour objectiver les facteurs de risque, identifier les bons leviers d’actions pour faire de la prévention des TMS un facteur de performance.

 

 

 

 

Éviter les TMS en entreprise : agir seul, oui mais…

 

 

Rendre les salariés acteurs de leur santé, c’est notre credo à La Minute Pep’s. Le salarié reste l’acteur de premier plan dans la prévention des troubles musculo-squelettiques (TMS). Surtout les professionnels qui s’exposent au quotidien à des gestes répétitifs ou postures contraignantes.

 

Quels sont les facteurs de risque des TMS au travail ?

 

Les TMS sont des pathologies dites d’hypersollicitation, à l’origine de douleurs musculo-squelettiques. Ces affections, aiguës ou chroniques, altèrent muscles, tendons, articulations et même les systèmes vasculaire et nerveux.

 

Première cause de maladies professionnelles d’après l’Assurance Maladie, elles sont liées au travail. Ce dernier est responsable de l’apparition des TMS ou de leur aggravation. Voici les facteurs de risques de TMS les plus fréquents :

 

  • les gestes répétés, comme ceux réalisés assis derrière un écran ;

  • des postures statiques prolongées, comme la posture debout ;

  • des efforts excessifs, comme les métiers de manutention ;

  • un manque de récupération, comme dans certains métiers postés ;

  • un stress et une pression temporelle, comme ceux des postes à responsabilité ;

  • la sédentarité au travail et le manque de variation de mouvement.

 

Quelles sont les bonnes pratiques pour éviter les TMS ?

 

Pour limiter l’apparition des TMS de façon individuelle, la clé, c’est de bouger au travail. Ce qu’on recherche, c’est une culture du mouvement sans autre intention que celle d’alterner les postures.

 

Pour y parvenir, l’une des solutions possibles est d’instaurer des micropauses actives. Programmer un chrono toutes les heures pour se lever et se mouvoir 1 minute est à la portée de chacun. Pas besoin d’avoir une condition physique béton ni de viser la performance, ce qui compte, c’est de bouger.

 

Un autre axe tient à la connaissance de bonnes pratiques pour adapter son poste de travail. Par exemple, placer le photocopieur loin du bureau ou son téléphone à l’entrée pour se lever plus souvent est une stratégie de mouvement intéressante. Tout comme il est possible de demander une formation et sensibilisation à l’ergonomie des postes de travail pour changer ce qui peut l’être.

 

Comment devenir acteur de sa santé ?

 

On parle ici de prise de conscience pour comprendre ses propres facteurs de risque de TMS. Les salariés apprennent à se reconnecter à leurs ressentis corporels pour développer des capacités de dépistage de leur risque TMS et rendre la prévention palpable avec l’intégration de leurs propres mouvements préventifs.

 

Devenir acteur de sa santé demande alors de s’autoriser à ajuster sa façon de travailler. Il s’agit donc de sortir d’une posture passive pour participer à des actions de prévention et pour devenir ambassadeur du mouvement en entreprise.

 

Pour y parvenir, il faudra aussi changer de perspective. La croyance qu’il faut tenir malgré la douleur devient limitante et nécessite d’être modifiée.

 

Il y a donc une question d’état d’esprit à changer pour (re)prendre sa santé en main !

 

La démarche individuelle suffit-elle à limiter les tms en entreprise ?

 

Non, l’action individuelle ne suffit pas.

 

Cette croyance est erronée et pourtant, elle reste très courante. On croit que la gestion du stress au travail, des émotions et du bien-être en général est un exercice individuel.

 

Si l’idée est séduisante, elle évite des sujets qui fâchent. Organisation au travail, management, charge de travail, autonomie ou objectifs en tout genre, la liste est longue. Oublier ces aspects-là, c’est négliger une grande partie du problème et ça n’évite pas les TMS.

 

 

L’action collective pour écarter les TMS en entreprise

 

 

Cette action collective concerne tout le monde et en première ligne, les managers référents santé, les dirigeants, ou les RH. L’enjeu, c’est de repérer les situations à risques afin d’agir en prévention.

 

Quel rôle joue l’employeur dans la prévention des TMS ?

 

Le droit professionnel indique clairement une obligation de prévention des TMS pour tous les employeurs. Ces derniers doivent assurer une vie professionnelle sans risque pour protéger la santé physique et mentale des travailleurs. C’est l’article L4121-1 du Code du travail qui le dit.

 

Prévenir les TMS et assurer la QVCT au travail, c’est aussi une manière d’assumer la responsabilité de l’organisation du travail. Et cette dernière impacte de façon directe la performance économique de l’entreprise.

 

Pour ce faire, les dirigeants se doivent de donner les moyens matériels, financiers et humains à leurs équipes. Cela sous-tend d’impliquer les managers, eux-mêmes au contact des équipes. Voilà comment chaque personne, de par sa position au sein de l’entreprise, contribue à faire de la prévention des TMS une affaire systémique.

 

Comment évaluer les risques de TMS ?

 

L’évaluation des risques de TMS au bureau demande une observation du travail réel, au plus près du terrain. Celle-ci permet de recueillir la parole des collaborateurs, indispensable pour réussir sa prévention.

 

À cela s’ajoute l’analyse fine des contraintes mécaniques, comme la répétition, les amplitudes articulaires, les charges de travail ou encore les temps de récupération. D’ailleurs, l’approche McKenzie, spécialité des intervenants La Minute Pep’s, est intéressante pour établir ce diagnostic mécanique.

 

Cet ensemble de points de vue et de mesures est un gage de prévention durable et efficace.

 

Quels indicateurs objectivent les TMS ?

 

L’engagement dans une démarche de prévention TMS se fait après une évaluation du risque. Cette dernière est possible grâce à différents indicateurs :

 

  • de santé, comme la prévalence des TMS de 60% (femmes) et 54% (hommes) chez les personnes actives de 18 à 64 ans¹ ;

  • de morbidité, pour connaître les secteurs les plus touchés* ;

  • de gestion RH, comme les taux de turn over, d’absentéisme, de mobilité interne, de formation, etc. ;

  • de performance de l’entreprise : CA, taux de conversion, rentabilité, etc. ;

  • suite à des situations particulières : dégradation du climat social, changement de matériel, de méthode ou process, etc.

 

* Les secteurs professionnels les plus touchés sont l’industrie manufacturière, la construction (hommes), ainsi que la santé humaine et l’action sociale (femmes)¹.

 

Comment améliorer les conditions de travail pour éviter les TMS ?

 

Pour transformer les conditions de travail et éviter les TMS en entreprise, différentes actions sont possibles :

 

  • S’attaquer à l’ergonomie des postes de travail ;

  • Clarifier l’organisation interne du travail et définir les priorités ;

  • Former les managers à leur fonction et au sujet des TMS ;

  • Organiser des ateliers de prévention participatifs ;

  • Suivre dans le temps les actions réalisées.

 

Oui, parce qu’une bonne démarche de prévention demande d’être évaluée pour évoluer dans le temps. Elle doit aussi être personnalisée, car chaque salarié est unique et donc sa prévention aussi.

 

C’est elle qui va permettre de réduire l’absentéisme, les accidents et les maladies professionnelles.
C’est aussi elle qui aidera vos salariés à occuper leur poste sans douleur ni appréhension.
C’est enfin elle qui renforcera l’engagement et la fidélité des équipes.

 

Une démarche qui améliore le climat de travail en même temps que la performance de l’entreprise, ça se tente, non ?

 

Nos solutions PEP’S proposent justement des ateliers de prévention personnalisés selon vos besoins. De quoi contribuer à votre démarche RSE, car notre approche est basée sur l’humain et réalisée par des acteurs locaux. Si vous avez besoin de booster l’ambiance de travail et les performances de votre entreprise, contactez-nous.

 

 

3 erreurs à éviter pour lutter efficacement contre les TMS

 

1. Se focaliser sur les avantages sociaux

 

QVT et TMS, même combat. Le télétravail, les avantages comme la semaine de quatre jours ou les tickets restaurant ne suffisent pas à régler les problèmes. Ils offrent du confort, mais ne changent pas en profondeur le système. Et les causes des TMS demeurent : surcharge, pression, contraintes organisationnelles…

 

La prévention des TMS, c’est d’abord une modification du travail réel, pas des avantages sociaux.

 

2. La prévention TMS, ça coûte

 

La prévention des TMS en entreprise est encore perçue comme une dépense difficile à envisager dans un contexte économique tendu. Pourtant, les dépenses en matière de sécurité et de santé au travail constituent un investissement rentable pour les entreprises. Le retour sur investissement en matière de prévention (RIP) est estimé à 2,2 ².

 

La croyance est tenace, car les bénéfices sont visibles à moyen – long terme. Alors que les décisions budgétaires, elles, imposent des résultats instantanés.

 

Pourtant, l’absentéisme et le désengagement coûtent bien plus cher que des actions de prévention ciblées. Investir dans sa prévention, c’est augmenter ses performances sur le long terme.

 

3. Les TMS concernent les salariés ou les RH

 

Faux : ça concerne tout le monde. Et on espère qu’à la fin de cet article, aucun doute ne subsiste là-dessus.

 

Les décisions modifiant les conditions de travail relèvent de la direction, puis découlent des managers. Sans implication de ces échelons, la prévention des TMS restera partielle.

 

La prévention des TMS implique une action collective de tous les acteurs de l’entreprise. La responsabilité est partagée à tous les échelons pour tenter de lutter contre un problème systémique et multi-factoriel.

 

 

Conclusion

 

 

Prévenir les troubles musculo-squelettiques en entreprise, avec une vraie culture de prévention, nécessite une approche globale. Première cause de maladies professionnelles reconnues par l’Assurance Maladie, les TMS touchent l’ensemble du corps, du dos aux épaules, en passant par les bras comme les poignets. Sous forme de tendinite ou de fatigue musculaire, leur origine est variée, et parfois liée à une charge physique de travail mal considérée.

 

Voilà pourquoi pour agir, il faut d’abord identifier les facteurs de risque, biomécaniques et psychosociaux, via un état des lieux. L’observation des situations de travail, l’analyse de la charge, le recueil de données de terrain sont des bases nécessaires à la bonne mise en œuvre d’une politique de prévention. Cette dernière permet d’améliorer la santé et la sécurité au travail et de renforcer l’engagement des équipes.

 

Analyser, former, ajuster, suivre : la prévention des TMS repose sur une démarche structurée, un suivi régulier, une personnalisation des conseils préventifs et surtout, une responsabilité partagée. L’employeur répond alors à son obligation légale d’améliorer l’environnement de travail, en favorisant l’activité physique et en inscrivant la culture du mouvement dans son projet d’entreprise.

 

Et rappelez-vous « Si vous écoutez votre corps lorsqu’il vous chuchote, vous n’aurez plus à l’entendre crier » (proverbe tibétain).

 

 

Sources :

 

1Prévalence de TMS en France, dans la population générale et dans la population des actifs occupés selon la catégorie socioprofessionnelle et le secteur d’activité. Résultats du Baromètre de Santé publique France 2021 par Brière Julien, Fouquet Natacha
 
1Calculating the international return on prevention for companies: Costs and benefits of investments in occupational safety and health par ISSA Association Internationale de Sécurité Sociale
 
 
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Anne-Hélène GOUALOU

Conceptrice de La Minute PEP'S et de son réseau de kinésithérapeutes, j'ai à cœur de vous partager notre vision de la prévention des Troubles Musculo-Squelettiques.

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