Et si l’on profitait de la pause estivale pour se remettre en mouvement et préparer la rentrée ? La prévention TMS ne prend pas de vacances et c’est justement pendant cette période de repos qu’il est idéal de débuter une activité physique dans l’optique de bouger au travail dès la reprise.
Parce que votre bureau, votre écran et votre clavier vous attendent à la rentrée tout comme les risques de troubles musculo-squelettiques associés. Épaules raides, dos douloureux, tendinite aux poignets : les douleurs liées à des gestes répétés ou à une position prolongée touchent encore trop de salariés et d’entreprises.
Si les postes de travail et le mobilier sont peu ergonomiques ou adaptés, on oublie trop souvent l’activité physique qui entre aussi en jeu. Ses bénéfices et impacts sur les troubles musculo-squelettiques devraient vous donner envie de créer de nouvelles routines. Alors, adoptez dès à présent des mouvements simples pour soulager les muscles et préparer votre corps à une rentrée sans douleur.
Voici tout ce que vous devez savoir sur les pauses actives et autres bonnes résolutions à adopter.
Les TMS au bureau : un problème décuplé avec la sédentarité
Les risques des TMS sur la santé
Les troubles musculo-squelettiques sont sur la plus haute marche du podium des maladies professionnelles depuis plus de 20 ans¹. D’après l’Assurance Maladie, ils concernent 87 % d’entre elles. Et pour cause : le travail est soit à l’origine, soit lié au maintien ou à l’aggravation de ces douleurs touchant la santé des employés et plus précisément leurs muscles, tendons, nerfs et/ou articulations.
Douleurs ou raideurs aux bras, au cou, aux épaules, aux coudes, aux mains, au dos et même dans le bas du corps, les répercussions des TMS sont aussi nombreuses que variées.
La sédentarité décuple les risques
Parmi les facteurs de risques des troubles musculo-squelettiques, les conditions de travail arrivent en tête de liste avec notamment l’impact délétère des postures ou positions prolongées. La sédentarité au travail, définie par une position assise trop longue associée à une dépense énergétique proche de celle de repos, accroît donc la tendance.
Si vous pensez que pratiquer une activité physique régulière vous épargne les risques de la sédentarité, c’est que vous confondez les deux notions. Pas de souci 👉🏻 voici un tableau qui résume de manière schématique la différence entre sédentarité et activité physique :
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Je suis actif et sédentaire si :
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Je suis actif et non sédentaire si :
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Je suis inactif et sédentaire si :
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Je suis inactif et non sédentaire si :
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Seulement un tiers des Français d’âge adulte respecte les recommandations d’activité physique (5*30 minutes de marche rapide par semaine) et la sédentarité est en moyenne de 8 à 10h par jour². Être sédentaire au travail ou au quotidien ajoute des positions prolongées que le corps n’aime pas. Voilà pourquoi elle entretient et augmente les risques de douleurs musculo-squelettiques.
Prévenir les TMS au bureau
Face à ce constat, il est grand temps d’ajouter du mouvement pour éviter les TMS au bureau. L’activité physique est un moyen efficace de lutter contre cette sédentarité au travail et ses impacts délétères sur la santé. D’ailleurs, des études ont montré que ses effets sont d’autant plus bénéfiques pour les collaborateurs les plus sédentaires¹, en particulier ceux qui suivent des programmes de renforcement musculaire.
Elle contribue ainsi à réduire l’absentéisme et constitue un vrai pilier de la qualité de vie au travail.
La pause estivale : une opportunité pour bouger
Pourquoi bouger plus l’été ?
Que l’on parte en vacances ou pas, l’été est synonyme de changement de rythme et parfois d’environnement, mais dans tous les cas d’habitudes. Il fait beau, les jours rallongent… autant de choses qui nous amènent à vouloir faire d’autres activités et à bouger davantage. Marche, baignade, jardinage, ce genre d’activités mobilisent l’organisme autrement et le système musculo-squelettique est plus apte à se détendre ou à relâcher les tensions.
Cet élan estival est donc le moment idéal pour casser les routines et instaurer de nouvelles habitudes, histoire de soulager les muscles, tendons et articulations soumis à des contraintes mécaniques toute l’année.
Pourquoi a-t-on moins mal pendant les vacances ?
Si votre métier consiste à taper sur un clavier d’ordinateur une bonne partie de la journée, il y a fort à parier que lors de vos congés, vous soyez beaucoup moins assis devant l’ordinateur (en tout cas, on vous le souhaite). Le fait de quitter le bureau donne l’occasion de rompre avec les postures prolongées, statiques ou les gestes répétés toute l’année, avec tout ce qui génère habituellement des douleurs.
Les vacances sont propices à l’utilisation de son corps autrement, parce qu’on change de rythme, de lieux et on s’active plus, ce qui stimule d’autres muscles ou groupes musculaires. Il suffit de visiter une nouvelle ville pour voir son nombre de pas en augmentation sur son application de tracking.
Des bénéfices physiques et psychosociaux
Le corps est plus résistant aux contraintes mécaniques après une période d’activité physique plus variée. Non seulement cette dernière améliore la mobilité articulaire et diminue la fatigue musculaire, mais en plus elle a un effet positif sur l’humeur et la gestion du stress. Et comme le stress est un facteur de TMS, le fait de le diminuer est un geste de prévention TMS en soi.
Installer une routine sur cette période est un bon moyen de s’y habituer et de se rebooster en prévision des journées automnales et hivernales qui vont raccourcir💡 À la clé, c’est un plus haut niveau d’énergie et une meilleure récupération globale qui vous attendent… autant de bonnes conditions pour aborder la rentrée avec moins de douleurs et plus de PEP’s 🤸🏻♀️
La stratégie à adopter pour prolonger les bénéfices
Ancrer l’activité physique de retour au bureau
Démarrer dès les vacances une routine d’exercices simple et efficace est une bonne façon de prendre goût à l’activité, sans la contrainte de la fatigue et de l’organisation du travail. Une fois l’activité adoptée, vous ressentirez le besoin de pratiquer même au moment de la reprise de l’activité professionnelle.
C’est ce qui vous donnera l’envie de créer une routine et de la planifier dans votre agenda au même titre que d’autres priorités.
Voyons comment créer ce nouveau réflexe de mouvement au travail.
Utiliser les microactivités et les pauses actives
Dans notre article sur les pauses actives, on vous donne 7 astuces pour bouger au travail et transformer les temps de pause en mouvement. Musique, détente, challenge, jeu, vous avez l’embarras du choix et chaque salarié peut trouver la manière de bouger qui lui convient le mieux.
À titre individuel, vous pouvez aussi prendre de bonnes résolutions, comme passer vos appels en marchant, inverser les postures 1 minute toutes les demi-heures ou encore tester les réunions en extérieur. Besoin d’un rappel ? Voici une affiche PEP’s à imprimer dans vos locaux :

(Psssst ! Demandez-nous l’affiche en commentaires)
L’idée à retenir est de fractionner les temps assis pour ajouter du mouvement à votre quotidien. Pas besoin de sortir vos haltères et votre tapis de sport, des exercices discrets de mobilité articulaire ou d’étirements dynamiques, sans matériel spécifique, sont un premier pas vers plus d’activité.
Planifier l’activité dans sa journée
Après avoir créé vos routines et trouvé quoi y mettre pour bouger plus au quotidien, il vous faut tenir dans la durée.
La meilleure stratégie est de bloquer des créneaux fixes dans son agenda à l’avance, même courts, sous format d’un petit rappel récurrent qui dit « Lève-toi et marche ! » par exemple. C’est ce qui va transformer cette nouveauté en habitude durable.
L’activité physique, sous forme de mouvements dynamiques, de marche ou d’exercices simples comme des allers-retours dans l’escalier, est un levier efficace pour favoriser le bien-être et améliorer la concentration. Ce qui veut dire que vous en faites profiter votre santé et vos performances professionnelles. Et si ça devenait un indicateur à suivre dans votre tableau de bord ?
Alors, quel est le prochain espace que vous libérerez dans votre agenda ? Ne quittez pas cette page sans avoir bloqué votre prochain créneau 😉
Les autres mesures pour réduire les troubles musculo-squelettiques
Comme le dit à juste titre la revue d’études sur la pratique d’exercices physiques au travail et la prévention des TMS¹, l’intégration de l’activité physique seule dans les organisations n’est pas une solution miracle. Elle doit être accompagnée de mesures préventives qui répondent aux 9 principes généraux de prévention suivants :
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9 principes de prévention des risques (article L4121-2 du Code du travail) |
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1. Éviter les risques professionnels |
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2. Prévoir une évaluation des risques liés à l’activité professionnelle |
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3. Prendre le mal à la racine et pointer du doigt l’origine |
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4. Adapter la situation à l’employé pour limiter le travail cadencé et monotone |
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5. Suivre et intégrer l’évolution de la technique |
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6. Remplacer une tâche ou situation dangereuse |
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7. Organiser la prévention en la planifiant |
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8. Prioriser les mesures de protection collective sur celles de protection individuelle |
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9. Informer clairement chaque membre de l’organisation |
Un environnement de travail ergonomique
Parmi les mesures possibles, on trouve l’évaluation et l’ajustement du poste de travail des collaborateurs, même ceux en télétravail. Cette dimension ergonomique s’intéresse aux réglages de la hauteur de l’écran, du dossier de la chaise de bureau, des différents accessoires, de l’éclairage… tout ce qui concerne l’espace physique dans lequel se situe le salarié.
Gare au schéma d’ergonomie idéal pour trouver la bonne distance siège-écran, le bon placement de pied sous le bureau ou de la main sur la souris… La bonne posture n’existe pas. C’est le mouvement qui compte. En plus, les dimensions ergonomiques sont aussi cognitives et organisationnelles, comme on l’a vu dans notre article dédié à la prévention par l’ergonomie. Retenez d’ailleurs qu’une démarche préventive est pluridisciplinaire pour être efficace en matière de santé au travail.
L’important, c’est de favoriser le bien-être au travail tout en développant les performances de l’entreprise.
Une culture d’entreprise volontaire
Le bien-être et la sécurité au travail sont de la responsabilité de l’entreprise qui doit diminuer les risques pour la santé des travailleurs. Dans ce contexte, il faut d’abord un engagement et une volonté politiques pour ensuite créer un engagement collectif.
Managers, responsables de prévention, salariés, employeurs, tout le monde a son rôle à jouer pour encourager le mouvement au quotidien. Il y a plusieurs manières d’intégrer l’activité physique au bureau : sous forme de défis internes, d’ateliers de sensibilisation ou de formations régulières, elle devient un réflexe lorsqu’elle est communément admise.
En prime, rappelez-vous qu’une culture d’entreprise tournée vers le bien-être favorise l’adhésion, renforce la cohésion et pérennise les bénéfices physiques et psychosociaux obtenus par les équipes pendant les vacances 😉
Conclusion : l’élan des vacances comme prévention TMS
Plus de perte de temps, place à l’action ! Vous savez maintenant que la pause estivale est la meilleure occasion d’initier des changements et de se délester des mauvaises habitudes trop sédentaires. Pour que la bonne résolution dure après la rentrée, pensez à l’intégrer dans votre agenda comme un rendez-vous prioritaire. L’apparition des troubles musculo-squelettiques est favorisée par l’immobilisme et la sédentarité en entreprise.
Voir le mouvement comme un outil dédié au bien-être et à la performance renforce la motivation, pour les employeurs comme les salariés. Avec moins de douleurs, c’est un niveau d’énergie plus haut et une meilleure concentration qui arrivent, deux bonnes raisons de se pencher sur la prévention des TMS au bureau.
Si l’activité physique contribue à l’augmentation du bien-être en entreprise, elle ne remplace pas une approche globale préventive. Si vous avez besoin d’aide ou d’un conseil personnalisé pour y voir plus clair sur les étapes à suivre, contactez l’équipe de La Minute PEP’S.
Et rappelez-vous « Si vous écoutez votre corps lorsqu’il vous chuchote, vous n’aurez plus à l’entendre crier » (proverbe tibétain).
Sources :
1Pratique d’exercices physiques au travail et prévention des TMS -revue de littérature, références en santé au travail n°153 par Claudon L. et al.
2Le concept d’activité physique pour la santéThe concept of physical activity for health par Martine Duclos


Anne-Hélène GOUALOU
Conceptrice de La Minute PEP'S et de son réseau de kinésithérapeutes, j'ai à cœur de vous partager notre vision de la prévention des Troubles Musculo-Squelettiques.