Conséquences des TMS sur l’individu : comment agir

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Les troubles musculosquelettiques (TMS) constituent la première cause de maladies professionnelles en France. Et ils touchent tous les secteurs d’activité : industrie, transport, services, soins à la personne… Ces affections articulaires et musculaires des membres supérieurs, inférieurs ou du tronc représentent une quantité énorme d’arrêts de travail et surtout, un gros impact économique pour les entreprises. Du syndrome du canal carpien à la coiffe des rotateurs, la Sécurité Sociale recense des millions de jours de travail perdus chaque année.

 

Derrière ces lombalgies, tendinites ou autres formes de douleurs musculo-squelettiques fréquentes se trouve un problème de santé au travail. Les conséquences des TMS sur l’individu sont multiples. Douleur chronique, perte de mobilité, gêne fonctionnelle, ces troubles provoquent aussi une baisse de moral et une détresse psychologique. Ce facteur de risque de désinsertion professionnelle touche le corps dans son ensemble, mais aussi le psychisme. Les comprendre, c’est commencer à agir.

 

Voilà pourquoi la prévention des troubles musculosquelettiques a sa place dans la santé et la sécurité au travail. C’est le sujet de ce nouvel article PEP’s qui dresse un état des lieux des conséquences des TMS sur l’individu pour mieux s’en prémunir. Effets physiques, psychologiques et professionnels, on vous explique pourquoi et comment agir pour redonner du mouvement à nos environnements de travail.

 

 

Comprendre les troubles musculosquelettiques

 

Les TMS : un mal qui dure

 

Les troubles musculosquelettiques regroupent des atteintes des tissus mous (muscles, tendons, ligaments, nerfs). Parmi les plus courants, on trouve : le syndrome du canal carpien (38%), les épicondylites du coude (22%) ou encore les lombalgies (7%)¹. Il en existe bien d’autres : cruralgies, tendinites… ces maladies d’hypersollicitations prennent des formes différentes, selon l’endroit où elles se situent.

 

Ce qui les réunit : des douleurs musculosquelettiques. Elles les accompagnent et s’installent dans la durée. L’Assurance Maladie décrit d’ailleurs cette évolution en 3 phases :

 

  • Les douleurs se pointent pendant l’activité et partent lors du repos ;

  • La gêne se réveille plus vite et reste plus longtemps, même au repos ;

  • L’incapacité s’installe à mesure que les douleurs sont là.

 

Dès la phase n°2, la gêne impacte le travail et la réalisation des tâches.

 

Un problème systémique au cœur des TMS

 

C’est l’ennemi numéro 1 des entreprises en France.
Les troubles musculosquelettiques représentent 30 % des arrêts maladie et 26 millions de journées de travail perdues¹.

Leur origine est en lien direct avec les conditions de travail, d’où le lien fort entre TMS et entreprise. Ces dernières sont responsables de l’apparition ou du maintien des TMS. Et tous les secteurs d’activité sont concernés.

 

Le problème, c’est qu’une combinaison de facteurs concourt à leur apparition.

infographie differents facteurs de risque apparition tms

 

Des conséquences à tous les niveaux du modèle biopsychosocial

 

En 1977, George Engel a donné naissance au modèle biopsychosocial. Il conceptualise l’idée que l’état de santé d’un individu va au-delà des seuls facteurs biologiques. Il ajoute dans l’équation les facteurs psychologiques et sociaux.

 

Ça nous donne un modèle basé autour de trois axes :

  • biologique, dans laquelle on a les pathologies physiologiques ;

  • psychologique, avec les pensées, les émotions, les croyances et autres comportements relevant du psychisme ;

  • sociale regroupant l’environnement, la culture, les situations professionnelles et personnelles dans lesquelles chacun vit.

 

D’ailleurs, c’est parce qu’il s’intéresse à l’ensemble de ces facteurs qu’il est souvent utilisé dans le champ des douleurs chroniques.

 

 

Les conséquences des TMS sur l’individu : quand le corps parle

 

 

Lorsque les troubles musculo-squelettiques touchent une personne, cette dernière subit des conséquences d’abord physiques.

 

Douleur et inflammation en guise d’alerte aux TMS

 

Certaines douleurs s’immiscent au moment de l’activité, puis s’en vont dès lors que le mouvement en cause cesse.

Les écouter nous en dit beaucoup 👀

 

Selon l’endroit où elles se situent, leurs formes varient. L’acronyme TMS indique bien que les douleurs affectent une partie du système musculo-squelettique. Il désigne le plus souvent des douleurs osseuses, articulaires, ligamentaires, musculaires ou tendineuses. Des formes plus complexes se développent parfois, comme la sciatique ou la névralgie cervico brachiale.

 

Bref, elles sont multiples, et elles font mal. Localisées, irradiantes, ou persistantes, ces douleurs sont surtout un premier signal d’alerte de TMS. Non traitées, elles risquent de s’installer dans le temps, se transformant en douleurs chroniques.

 

Atteinte de la fonction motrice

 

À force, ces douleurs s’accompagnent d’une altération de la fonction motrice. En pratique, elles se transforment en perte de force, de mobilité ou encore de précision.

Cette difficulté à exécuter les gestes du quotidien impacte l’efficacité du geste, et par extension du travail. Elle peut aller jusqu’à dégrader la qualité du sommeil, donc la possibilité pour le corps de récupérer. Et c’est là que la qualité de vie au travail et à la maison se dégrade.

 

D’une gêne au départ, on peut arriver jusqu’à une incapacité à long terme.

 

Des séquelles de TMS durables

 

Au plus les douleurs s’installent, au plus la gêne devient présente. Au quotidien comme dans l’exécution des tâches professionnelles, certaines incapacités deviennent permanentes. C’est le cas pour 46% des TMS qui entraînent des séquelles lourdes (source ameli). Ces dernières affectent alors le moral et peuvent aller jusqu’au risque de désinsertion professionnelle.

 

Les conséquences physiques des TMS peuvent être secondaires aux traitements ou à une immobilisation. Il arrive que ces solutions affaiblissent les muscles et ralentissent la récupération, ce qui accentue la perte de contrôle.

 

Voilà pourquoi les conséquences physiques des TMS ne sont pas anodines si on laisse la douleur s’installer 💡

 

 

Les conséquences psychologiques : la douleur invisible

 

 

Au-delà des conséquences physiques, les TMS ont des répercussions psychologiques sur les salariés.

 

Le cercle vicieux douleur-stress-fatigue

 

Le corps a une capacité naturelle à réorganiser son activité neuronale pour éviter la douleur. Sauf qu’il renforce aussi parfois la sensibilité à cette dernière, pour signaler plus vite sa limite. De plus, le facteur stress agit comme un amplificateur de la douleur. L’hypervigilance associée tend à augmenter les tensions musculaires et le risque de blessures.

Une étude de 2023 sur les troubles musculo-squelettiques du personnel infirmier le prouve. Le degré de stress important chez ces professionnels était associé à une prévalence plus forte des symptômes musculo-squelettiques rapportés. 82 % du personnel infirmier étaient touchés par des TMS au cours de l’année passée, notamment dans le cou, les épaules et la zone lombaire².

 

Les TMS et la baisse d’estime de soi

 

La difficulté, voire l’impossibilité d’effectuer des tâches qui, autrefois, semblaient faciles, entraîne frustration et dépréciation. Pour certains, il y a comme une injustice à ne plus pouvoir faire ce que l’on savait. Pour d’autres, c’est la culpabilité qui prend le relais, ou la honte de ne plus y arriver.

 

Le risque de dépression lié aux TMS est d’ailleurs bien réel. Les personnes souffrant de douleurs chroniques présentent plus de symptômes d’anxiété et de dépression, mais aussi de fatigue et d’insomnie que celles sans douleur chronique³. L’étude qui le souligne explique aussi que plus la douleur est étendue et intense, plus les troubles de santé mentale augmentent.

 

L’isolement et l’anxiété sociale

 

De la même manière que la douleur physique s’installe, la douleur psychique éloigne.

 

Le retrait des activités collectives se profile pour éviter la peur du jugement ou la stigmatisation. La douleur chronique devient donc peu à peu un facteur d’exclusion sociale.

 

 

Les conséquences des TMS au niveau professionnel

 

Les effets physiques et psychologiques des TMS impactent aussi la sphère professionnelle.

 

La modification des gestes pour compenser

 

Le corps va chercher à se protéger. Face à une douleur récurrente sur une même tâche, il arrive qu’il adapte sa posture, plus ou moins en conscience. Si au départ ça peut sembler être une bonne idée, le risque, c’est bien de sursolliciter une autre zone 😱

 

Vous me voyez venir ? Un autre risque d’apparition de TMS se pointe à l’horizon.

 

Une baisse de concentration en vue

 

Il est plus difficile de rester concentré lorsqu’on a mal au dos ou ailleurs. L’impact des douleurs consécutives aux TMS joue aussi sur la mémoire de travail et l’attention.

Cette diminution des capacités attentives nuit aux capacités d’adaptation du salarié. L’ensemble de ces contraintes altère la performance cognitive du collaborateur et, plus largement celle de toute l’organisation.

 

 

Les conséquences sociales pour l’entreprise

 

L’erreur est de croire que les TMS ne sont qu’un problème individuel. Pourtant, les TMS affectent bien la productivité des entreprises. Voyons comment.

 

Perte de productivité et absentéisme

 

Il faut compter 3 mois d’arrêt en moyenne pour une blessure au dos¹. Ces arrêts provoquent une désorganisation interne liée à la charge de travail à faire. Cette dernière se répercute souvent sur ceux qui restent, dont les conditions de travail peuvent alors se dégrader.

 

En plus du coût humain, l’enjeu, pour les employeurs, est financier. Les entreprises françaises subissent des pertes annuelles en lien avec les TMS estimées à 2 milliards d’euros en 2017. On va distinguer deux types de coûts financiers :

 

  • les directs comme ceux liés à l’accident de travail, à la maladie professionnelle, aux indemnisations des absences, etc. ;

  • les indirects comme l’absentéisme, les départs, la perte de capacité de production, etc.

Salariés, employeurs, le poids des TMS pèse lourd pour toute la société.

 

Désinsertion professionnelle et dégradation du lien

 

Les douleurs liées aux troubles musculo-squelettiques entraînent une désinsertion professionnelle de manière insidieuse.

 

Les arrêts de travail consécutifs aux TMS se répètent ou se prolongent. Ces absences répétées créent une forme de distance avec les collègues, la hiérarchie et même les clients.
Voilà pourquoi certaines personnes ressentent un décalage lorsqu’elles reprennent le travail. C’est à ce moment-là que peut s’installer la perte de sens, ou la baisse de motivation. De cette fragilité professionnelle naissent des départs ou des reconversions, parfois contraints quand on ne peut pas reprendre le même poste qu’avant.

 

Face à un climat social dégradé, les tensions parmi les collaborateurs peuvent arriver. Le risque, pour les entreprises, est de voir ses salariés se démobiliser ou partir. Elles paient alors le prix fort en matière de coût humain.

 

 

Agir pour redonner du sens à l’action préventive

 

 

Heureusement, les TMS ne sont pas une fatalité 🤩

 

Ce que les TMS révèlent sur la relation au travail

 

Ces TMS jouent d’abord un rôle : celui d’indicateur. Ils sont à prendre comme le signal d’un déséquilibre dans l’organisation globale. Les écouter, c’est déjà commencé à prendre soin de son organisation et de ses membres.

Il est temps de poser un diagnostic pour envisager une démarche de prévention efficace. Cette dernière peut constituer un vrai baromètre du bien-être au travail et devenir une source de motivation à part entière.

 

Prévenir autrement : agir avant la perte

 

Et si l’on mobilisait le levier psychologique de la perte plutôt que la promesse de gain ?

 

Oui, parce que notre rapport à la perte est un atout 💡
Nous fournissons plus d’efforts et sommes plus performants lorsque nous sommes incités à éviter les pertes plutôt qu’à obtenir des gains⁴. Et c’est la science qui le prouve.

 

Il est peut-être temps de modifier le message envoyé pour qu’il résonne mieux aux oreilles des équipes ?

 

Agir et redonner du mouvement

 

Les conséquences des TMS sont désastreuses, peu importe les métiers exercés puisque ça concerne tout le monde. Le sujet de la sécurité au travail doit donc être la priorité de tous les chefs d’entreprises.

 

Au-delà des seules questions ergonomiques, la prévention des TMS nécessite d’intégrer une véritable culture du mouvement en entreprise. Pour allier performance et bien-être au travail, bouger au travail, c’est la clé 🤸🏻‍♀️

 

Les entreprises qui l’ont déjà compris ont réussi à améliorer leur cohésion d’équipe, à fidéliser leurs opérateurs, à améliorer la qualité de vie au travail. C’est un moyen efficace de renforcer leur attractivité tout en améliorant leur croissance.

 

Si vous cherchez des solutions PEP’s, contactez notre équipe de kinésithérapeutes spécialisés en prévention des TMS par le mouvement.

 

 

Conclusion

 

 

Les TMS sont le reflet d’un déséquilibre dans l’organisation du travail et parfois d’un manque de prévention personnalisée. Derrière les douleurs et les symptômes liés aux troubles musculo-squelettiques, on trouve des facteurs de risque multiples. Manutention manuelle, postures prolongées, travail répétitif ou encore facteurs psychosociaux, agir sur ces risques, c’est protéger la santé physique et mentale des collaborateurs. C’est aussi l’occasion de réduire le coût économique que les TMS représentent pour les entreprises.

 

Une démarche de prévention des risques durable, c’est possible. Au-delà d’être une obligation du Code du travail, l’évaluation des risques, la sensibilisation et le suivi des salariés sont nécessaires pour préserver la QVCT.

 

Redonner du mouvement à l’action préventive est l’occasion, pour les entreprises, de faire de la prévention des TMS un facteur de performance, à la fois humaine et économique. C’est un bon investissement pour toute société qui veut conserver le bien-être au travail et la croissance.

 

Et rappelez-vous « Si vous écoutez votre corps lorsqu’il vous chuchote, vous n’aurez plus à l’entendre crier » (proverbe tibétain).

 

Sources :

 

1Chiffres clés par Ameli
2Stress and Prevalence of Musculoskeletal Disorders Among the Nursing Personnel of a Tertiary Hospital Unit in Greece: A Cross-Sectional Study par Charitomeni Dimitriou et al.
3Mental health among patients with chronic musculoskeletal pain and its relation to number of pain sites and pain intensity, a cross-sectional study among primary health care patients par Kirsti Krohn Garnæs et al.
4People Exert More Effort to Avoid Losses Than to Obtain Gains par Ana C. Farinha and Tiago V. Maia

 

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Anne-Hélène GOUALOU

Conceptrice de La Minute PEP'S et de son réseau de kinésithérapeutes, j'ai à cœur de vous partager notre vision de la prévention des Troubles Musculo-Squelettiques.

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